Conférence de Hervé Drévillon à l’EHESS

Dans le cadre du séminaire pluridisciplinaire co-organisé par l’EHESS et le CEHD et consacré aux « révolutions et mutations militaires », Hervé Drévillon, professeur à l’université de Poitiers présentera le jeudi 16 avril dans les locaux de l’EHESS (1er étage du 105, boulevard Raspail, Paris VIe), une conférence intitulée Des guerres d’Ancien Régime aux guerres napoléoniennes : une révolution de l’attrition ?, dont voici le résumé :

Les hypothèses qui attribuent à la période révolutionnaire et napoléonienne la responsabilité de l’invention de la guerre totale ou de la brutalisation des sociétés occidentales reposent souvent sur une évaluation biaisée des pertes de guerre. Schématiquement, on oppose la violence limitée des guerres d’Ancien Régime aux hécatombes massives des batailles napoléoniennes. Mais une telle confrontation ne peut être opérée qu’après avoir défini un protocole d’évaluation des pertes, permettant de comparer ce qui est comparable. Il faut ensuite penser l’attrition dans son ensemble, et pas seulement à partir des pertes au combat. La désertion et la question sanitaire apparaissent alors comme des facteurs déterminants, susceptibles d’éclairer sous un jour nouveau les formes mêmes de la guerre. Hervé Drévillon est notamment l’auteur de L’Impôt du sang, ouvrage de référence sur le service des armes sous Louis XIV et lecture conseillée pour qui veut comprendre la modernité militaire.

Comme la conférence donnée par P. Forget le 26 mars dernier, il s’agit là d’un thème majeur. La question de l’attrition est centrale dans les questions militaires depuis l’Antiquité, et hélas trop souvent négligée aujourd’hui. En tant que conséquence des combats tout autant que comme outil militaire, l’attrition mérite d’être attentivement étudiée, et nous aurons l’occasion d’y revenir. Je ne peux encore une fois que conseiller la conférence de jeudi.